NOEL 2010 BLOG

Conte de Noël

Cétait la nuit avant Noël, dans une maison de Boën-sur-Lignon … tout était calme. Pas un bruit, pas un  cri, pas même une souris ! Les chaussettes bien sages pendues à la cheminée attendaient le Père Noël. Allait-il arriver ?

Les enfants blottis dans leur lit bien au chaud, rêvaient de friandises, de bonbons, de gâteaux.

Maman sous son fichu, et moi prêt à dormir … Dehors, tout à coup, il se fit un grand bruit ! Je sautais de mon lit, courais à la fenêtre, j’écartais les volets, j’ouvrais grand la croisée.

La lune sous la neige brillait comme en plein jour.

Alors, parut à mon regard émerveillé un minuscule traineau et huit tout petits rennes conduits par un bonhomme si vif et si léger qu’en un instant je sus que c’était le père Noël !

Plus rapides que des aigles, ses coursiers galopaient. Lui les appelait, il sifflait, il criait : “Allez Fougueux, allez Danseur, Fringant et puis Renarde, en avant Comète ! Cupidon en avant, Tonnerre, Eclair, allons au-dessus des porches, par delà les murs ! Allez ! Allez plus vite encore !”

Comme des feuilles mortes poussées par le vent, passant les obstacles, traversant le ciel, les coursiers volaient en-dessus des toits de la place de l’église, tirant le traineau rempli de jouets au dessus de la rue de Roanne …

Et, en un clin d’œil, j’entendis sur le toit le bruit de leurs sabots qui caracolaient. L’instant qui suivit, le Père Noël, d’un bond, descendait par la cheminée.

I l portait une fourrure de la tête aux pieds, couverte de cendres et de suie, et, sur son dos, il avait une hotte pleine de jouets comme un colporteur avec ses paquets.

Ses yeux scintillaient de bonheur, ses joues étaient roses, son nez rouge cerise, on voyait son petit sourire à travers sa barbe blanche comme neige.

Un tuyau de pipe entre les dents, un voile de fumée autour de la tête, un large visage, un petit ventre tout rond qui remuait quand il riait ; il était joufflu et rebondi comme un vieux lutin. Je n’ai pu m’empêcher de rire en le voyant et, d’un simple clin d’œil, d’un signe de la tête, il me fit savoir que je ne rêvais pas : c’était lui !

Puis sans dire un mot, il se mit à l’ouvrage et remplit les chaussettes. Il se retourna, se frotta le nez et d’un petit geste reparti par la cheminée.

Une fois les cadeaux déposés, il siffla son attelage, puis reprit son traineau et les voilà tous repartis plus légers encore que des plumes.

Et dans l’air j’entendis avant qu’ils disparaissent “Joyeux Noël à tous en Pays d’Astrée et Joyeuses fêtes”.

D’après le premier conte du Père Noël, de Clément Clarke Moore, publié pour la première fois en 1823